Je viens de passer 3 jours à l’hôpital en service endocrino pour accompagner ma fille pour une série d’examen. Pourquoi je t’en parle ? Parce que je me suis confrontée pendant 3 jours au système de croyances délétères qui règne en matière de nutrition.
Je t’épargne les détails, mais entre les affiches d’information destinées aux diabétiques et le discours de la diététicienne, j’ai littéralement plongé 20 ans en arrière par rapport à ce qui est désormais reconnu scientifiquement et recommandé par les experts des maladies métaboliques.
Je pourrais m’en foutre, et gérer mon alimentation dans mon coin sans emmerder personne et surtout sans laisser personne m’emmerder, mais voilà : j’ai choisi d’en faire mon métier parce que j’avais besoin de ‘sens’.
Et pour faire sens, le métier que j’ai choisi fait sens : je change la vie des gens, et de manière concrète !
C’est présomptueux, un peu, mais quand on accompagne des personnes en très gros surpoids, permettre à des obèses de perdre plusieurs dizaines de kilos sans s’affamer, retrouver leur santé métabolique et leur joie de vivre, c’est changer leur vie.
Pour y arriver, je dois déconstruire des croyances nutritionnelles délétères, basées au mieux sur des études obsolètes et des raccourcis réductionnistes, au pire sur des escroqueries scientifiques (coucou Ancel Keys).
C’est un boulot de tous les instants, c’est même le plus gros de mon boulot : déconstruire des mythes pour permettre à mes clients de comprendre ce qui est vraiment important pour leur santé métabolique (et spoiler, non, ce ne sont pas les 5 fruits et légumes par jour).
J’ai la prétention de croire que je m’en sors pas trop mal, même si mon syndrome de l’imposteur n’a pas disparu.
Mes clients me témoignent leur gratitude chaque jour, mon éditeur m’a proposé d’écrire encore un bouquin sur le sujet, je suis invitée prochainement à intervenir sur une conférence internationale sur la santé métabolique….
Sauf que voilà : c’est épuisant de lutter en permanence contre un système qui culpabilise les gros sans jamais se remettre en cause, contre une industrie alimentaire qui se soucie de ses marges et fabrique ses produits pour qu’ils soient appétants, pas sains ni nutritifs, contre des prétendus sachant accrochés à leurs certitudes…
Heureusement, il y a des signes d’évolution des mentalités auxquels je m’accroche : des médecins qui recommandent mon programme, des diététicien.ne.s qui me contactent pour se former et mieux accompagner leurs patients sur la réduction des glucides, des concepts qui commencent à poindre dans le grand public.
J’aimerais juste que ça aille un chouïa plus vite, parce que punaise, je commence à avoir des crampes, là 😅