Modification du statut d'auto-entrepreneur : une vraie mauvaise idée

Il semblerait qu'on envisage au sein du gouvernement de modifier le mode de calcul des charges de l'auto-entreprise pour y inclure une part minimale de cotisation, quel que soit le chiffre d'affaire.

Aujourd'hui l'auto-entreprise est un statut qui répond à 3 usages principaux :

Le premier, prévu et logique, consiste en la possibilité pour des salariés d'avoir une activité annexe déclarée, leur permettant d'avoir des revenus complémentaires non négligeables en période de crise.

Le second usage, tout aussi logique, est de permettre à ceux qui veulent entreprendre de tester leur concept, de démarrer sans risque avant de valider (ou pas) leur statut. La plupart de ceux qui réussissent passent alors à un statut plus classique, exempt de limitations de CA et qui leur permettra, peut être, d'embaucher. Ceux qui valident mais ne souhaitent pas aller au delà peuvent conserver le statut d'AE, mais au regard de ses limites, resteront modestes (9/10 des AE dégagent moins que le Smic).

Le 3ème usage, détourné celui-ci, est celui fait par des employeurs noyés sous les charges qui ont vu dans ce statut une aubaine : reporter le paiement des charges sur leurs 'employés', au détriment de la sécurité, précarisant un peu plus l'emploi puisque ces contrats ne sont généralement pas soumis à préavis, ne comprennent pas les congés payés ni les avantages liés à une convention collective et surtout, n'ouvrent pas droit aux indemnités chômage.

Aujourd'hui, assujettir les auto-entrepreneurs à une assiette de cotisation n'aboutira pas à une augmentation des charges perçues par le RSI mais à la mort des 2 premiers usages, les revenus complémentaires repassant dans l'économie parallèle, les entrepreneurs to-be renonçant à leur projet faute de certitudes de pouvoir financer ces nouveaux coûts fixes.

Seuls survivront ceux dont le revenu est quasi assuré, ceux qui auront fait le choix de l'AE plutôt que du salariat... On peut juste s'interroger sur leur liberté de choix, justement, et sur les effets d'une telle précarisation du travail, aux antipodes des effets souhaités...

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