Il y a quelques jours, je suis tombée sur un article (que je ne retrouve plus, oups 😬) qui abordait le coût cognitif de l’IA.
Parce que oui, lorsqu’ils sont bien utilisés, ces outils permettent de gagner un temps fou sur les tâches qu’on aime le moins, comme l’expliquait justement ce matin Bertrand, ici, et pour les dirigeants un peu geeks sur les bords, ils permettent de retrouver une forme d’agilité qui laisse du temps pour “faire” plutôt que “gérer” (Joseph en parle très bien ici).
Mais qui dit productivité augmentée ne dit pas forcément charge cognitive allégée, bien au contraire !
L’article explique que celleux qui maîtrisent l’outil et bénéficie d’un gain de productivité peuvent voir leur charge mentale exploser à cause de la foultitude d’idées qui deviennent désormais actionnables grâce à l’IA.
Alors qu’avant, on notait dans un coin et on se concentrait sur les trucs vraiment prioritaires. Cette lenteur imposée liée à nos limites de production préservait notre cerveau.
Désormais, c’est no limit, on manipule de plus en plus de sujets en simultané, on multitask en coworking avec notre IA, on en lance plusieurs sur plusieurs sujets et notre cerveau ramamort.
Je l’ai assez rapidement constaté quand j’ai mis sur pied mon système de dingo en croisant le knowledge management et l’IA avec Claude et Obsidian : j’ai bien senti que si ma productivité augmentait, ma fatigue cognitive, elle, ne s’améliorait pas.
Si tu n’as pas lu l’article en question, c’est ici :
Du coup, depuis quelques jours, j’observe ma pratique, et je mets de nouvelles habitudes en place pour limiter ma propension augmentée au multitasking.
- Je travaille uniquement sur ordi. Fini les conversations avec Claude sur mon iPhone parce que je suis tombée du lit à 4h du mat. Je n’écrirais pas à un stagiaire pour qu’on bosse à cette heure, je n’écris pas à Claude non plus.
- Je ne lance pas plusieurs sujets en parallèle. Si Claude a besoin de temps pour exécuter une tâche, j’attends le livrable en avançant sur une tâche du même contexte ou, carrément, en m’autorisant une pause café, ronronthérapie, roman, peu importe.
- Je reviens au carnet/stylo (ou à iPad/stylet) pour tout un tas de réflexions que j’ai eu tendance à vouloir structurer avec l’IA. Parce que ce que j’écris, dessin, gribouille s’inscrit mieux dans ma mémoire et que ça m’oblige au focus ‘physique’, sans être tentée de lire une notif ni de changer d’onglet .
Parce qu’au final, toute geek que je sois, l’idée n’est pas de libérer du temps pour travailler plus, mais pour ‘vivre mieux’.
C’est la démarche qui m’anime depuis 7-8 ans et l’arrivée de l’IA, bien qu’enthousiasmante au regard du champs des possibles qu’elle permet d’ouvrir, ne doit pas me le faire oublier.