Récemment, un entrepreneur « concurrent » sur mon secteur a fermé boutique. Je mets des guillemets parce qu’avant d’être concurrents, nous étions surtout confrères, et que nous avons échangé à de nombreuses reprises.
Pas le premier passionné à échouer, pas le dernier non plus, malgré sa maîtrise du sujet…
Délivrer un bon produit / service, maîtriser son sujet, satisfaire ses clients, c’est bien, c’est même indispensable. Mais cela suffit-il ?
Au delà du métier que l’on fait, ‘entreprendre’ est un métier à part entière. De la même manière qu’il ne suffit pas d’être un bon technicien pour devenir un bon chef d’équipe, ni un bon développeur pour devenir un bon manager, il ne suffit pas de connaître son métier pour être un bon entrepreneur.
Faire son métier n’est qu’un infime partie de ce qui fait la pérennité d’une entreprise… Il faut également savoir gérer et anticiper les flux financiers, définir les axes de développement de son produit / service, démêler les noeuds administratifs, connaître (et appliquer) les obligations légales, se débrouiller techniquement pour délivrer une bonne expérience utilisateur, savoir communiquer et mesurer les retours pour optimiser en permanence, gérer le service client efficacement…
Quand j’ai lancé mon programme, au milieu de tout un tas d’influenceurs qui prodiguaient des conseils gratuitement à leurs milliers d’abonnés, on m’a souvent reproché de « vouloir faire du fric » (tsé, c’est tellement sale, l’argent 😅).
Sauf que la mission de toute entreprise, si altruiste soit elle, ne peut perdurer sans carburant. Pour l’entrepreneur passionné, l’argent n’est pas l’objectif mais le moyen d’exercer sa passion longtemps.
Ceux qui l’oublient et misent sur la passion, souvent confortés dans l’illusion d’être dans le vrai par une audience sociale avide de gratuité mais peu encline à payer pour tout ce travail, en font souvent les frais.
Pour travailler bien et longtemps, il faut être en mesure de financer les outils, le temps passé, les investissements nécessaires à délivrer son produit / service.
Il n’y a pas à rougir de penser en priorité à la rentabilité de chacune de ses actions quand on entreprend, c’est la condition sine qua non à la survie de toute entreprise.